On ne doit plus lire et espérer … le danger est à nos portes

Safira Samia Bendaly 

“Je voudrais ici faire part de ma colère face à une agression d’une collègue, hier à 17h30, dans la rame de métro n°5, par une horde de salafistes déchaînés. Ils l’ont rouée de coups devant le regard médusé de tous les passagers qui ne sont pas intervenus. Seul un homme âgé à tenté de s’interposer et a été aussi frappé.

 Il s’agit de Mme Zeineb Rezgui. Elle est passée sur les ondes de Shems fm, Mosaïque fm hier et aujourd’hui ira a la radio nationale… Elle est allée au ministère de l’Intérieur, au siège d’Enahdha dans la nuit… Elle a fait le constat médical des contusions dans un hôpital public, porté plainte à la police.

Les salafistes l’ont injuriée, l’ont battue comme des brutes et l’ont même poursuivie hors de la rame. Là encore, un homme est intervenu, en menaçant les salafistes de faire descendre des milliers de personnes de Jbel lahmar… Ils ont arrêté de la frapper mais continué de l’injurier. Je vous passe les injures. Le motif: elle portait une robe! Ils lui ont dit: “tu ne portes pas le hijab. Nous sommes la loi et nous allons t’apprendre comment t’habiller…”.

La police, partout où elle est passée a été compatissante. Mais ils ne peuvent rien faire, ils ont les mains liées! Aujourd’hui, elle va continuer toute seule son tour des institutions.

C’est une femme tunisienne, mère de famille, qui travaille, elle n’a rien fait que d’être une femme tunisienne. Doit-on laisser passer cela? Elle ne veut pas en faire une cause, mais elle ira jusqu’au bout en tant que citoyenne qui n’est plus en sécurité dans son pays. Je ne suis pas de son avis, je crois qu’il faut en faire une cause: la sécurité des femmes en Tunisie est en jeu en ce moment, plus que jamais.”

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